Le jour où j’ai écrit une chanson pour Johnny…

Description de cette image, également commentée ci-après
Par Georges Biard, CC BY-SA 3.0, Lien

D’abord, soyons clairs : j’aime bien Johnny Hallyday. Il crie parfois, il raconte n’importe quoi mais avec une conviction qui force le respect. Il fait dans la chanson désengagée sans le savoir, je pense.

Oui-donc, j’aime bien Johnny. J’ai écrit une chanson en hommage à Johnny, qui s’appelle d’ailleurs Hallyday (le message n’est jamais aussi pertinent que quand il est direct). Johnny soit qui mal y pense

Et je suis de ceux qui ADORENT hurler queuuuuu jeuuuu taimeuuuuh avec la foule du Parc des Princes, surtout dans les embouteillages (ça tombe bien, y’en a plein ici).

J’ai aussi repris une chanson de Johnny, et je me suis retenu, sinon j’en aurais repris plein.

Mais un jour, l’envie m’a pris d’aller plus loin. Carrément, écrire une chanson pour Johnny (j’en ai marre de mettre le mot en majuscules, j’arrête, ok ?). Après tout, avant que Françoise Sagan ne s’y essaie dans un piteux album produit par un M se prenant pour Jack White imitant Rick Rubin produisant Johnny Cash, Johnny n’était pas toujours très regardant sur les textes (on se souvient tous du « c’était fin août, début juillet » dans Les Chiens De Paille, face B de Requiem Pour Un Fou, 1976 par-là), alors je me suis dit que j’avais mes chances.

Surtout que pour écrire une bonne chanson pour Johnny il faut faire les choses à moitié. Ben oui, il n’est jamais meilleur que quand il tape dans le répertoire de Chuck Berry (La Terre Promise) ou Eddie Cochran (La Fille De L’Eté Dernier). Donc, déjà, ne pas faire la musique, la pomper chez un artiste américain pas trop connu des français. Bingo ! The Band ! Up On Cripple Creek ! Une mélodie terrible, inconnue même de Pascal Nègre ce truc (enfin, pas connu en France, hein, je me comprends, ailleurs…).


On entend bien au début que le public a l’air d’aimer la mélodie, non ?

Ensuite les paroles : là, c’est du gâteau : moto, guitare, Memphis, Amérique, Cadillac, projecteurs, Alabama (il l’a déjà fait dans Cartes Postales d’Alabama mais bon, comme ça c’est plus facile à retenir comme mot)… c’est bien simple, les mots vous viennent aussi vite que la courante après cinq pastis :

Quand j’ai besoin de quitter Paris
C’est avec ma guitare sur le dos
Et dans le delta du Mississippi
Je retrouve mon Eldorado
Je me refais le voyage de Chuck Berry
De Memphis jusqu’à Chicago
C’est comme ça que je reprends goût à la vie
Sur le cuir de ma moto

Ecoute cette musique, c’est toute ma vie
Les guitares électriques et les amplis
La voix de l’Amérique celle de Jimi
De Buddy Guy, Muddy Waters et Leadbelly

Trouve-moi juste une vieille cadillac
Et allume l’autoradio
Monte le son à fond sur Hit The Road Jack
Ou Baby Please Don’t Go (pas mal non, faire rimer autoradio et go ?)
En parcourant l’Alabama
Ou bien les mornes plaines du Nebraska (hello Bruce Springsteen ! ça fait toujours bien…)
Tu comprendras peut-être aussi pourquoi
Tout ça compte tant pour moi

Ecoute cette musique, c’est toute ma vie…

C’est à la croisée d’un chemin (oui, « un », pas « des », c’est pour Johnny quand même) que moi aussi j’y ai joué ma vie
C’est avec une guitare à la main
Que je lui ai dit oui
Et j’ai payé bien plus que le prix
Pour chanter sous les projecteurs
Ces trois accords qui hantent toutes mes nuits
Du fantôme de John Lee Hooker

Ecoute cette musique, c’est toute ma vie…

Bon c’est sûr qu’après la version de The Band ça calme un peu (mon Dieu la basse complètement fausse). Mais c’est fait exprès ! Il faut que Johnny soit persuadé que c’est juste une maquette qu’il va pouvoir chanter lui-même mille fois mieux ! Faut pas me l’énerver non plus, le Johnny !

Evidemment, c’est encore de l’OuMuPo (voir l’article précédent) parce que Johnny ne l’a jamais chantée cette chanson. Il ne l’a sans doute même jamais entendue. N’empêche, en concert à Chaillé-Pommerou, j’étais hyper fier d’annoncer que la prochaine chanson est une chanson que j’ai écrite pour Johnny Hallyday. J’ai eu double-part de potée au chou et même un deuxième verre de vin rouge après le concert.

Ceci étant, si quelqu’un peut la faire écouter à Johnny, ça m’arrangerait de devenir riche. Je pourrais m’acheter une moto (et passer le permis, j’ai plus l’âge d’être rebelle).

Bon, tout ça pour ça : mettre le texte en ligne pour justifier du copyright, c’est pas facile d’être vénal, je vous le dis…

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